Contenir_Percé

2011
500 peaux de saumon, grille & câbles d'acier, néon, argent 35
183 x 84 x 244 centimètres
Percé (Canada)

installation in situ CONTENIR_PERCÉ présentée à
LES PERCÉIDES - 3E FESTIVAL INTERNATIONAL DE CINÉMA ET D'ART, PERCÉ (Canada)
/ 18-20 août, 2011

commandée par le directeur artistique François Cormier


Contenir_Percé est une intervention artistique in situ qui à la fois alimente et est nourrie d'une réflexion architecturale. Elle emprisonne des matières premières cachées de Percé pour mieux en souligner les propriétés.

Cette œuvre prend la forme d’une mosaïque tissée de 500 peaux de poissons séchées et laquées ordonnées en un morceau d’espace suspendu, un couloir pris entre deux surfaces réfléchissantes. Chaque élément de cette installation luit et réfléchit la lumière ambiante de jour comme de nuit afin d’en capter l’infinie variété. Entre mur et écran, Contenir_Percé agit à la fois comme capteur du réel et portail ouvert sur l’imaginaire. L’œuvre saisis la vitalité environnante, s’attache à amplifier les qualités inhérentes à une matière élective et à la lumière omniprésentes, un éveil à la richesse de l’existent : magma tourbillonnant, tourbillonnement constant qui n’a de cesse de s’ordonner. Entre le réel et son reflet. Ode au foisonnement de la vie, Contenir est la première d’une série d’œuvres qui s’approprient les ressources et qualités sous-exploitées d’un environnement. À Percé, Contenir récolte et transforme les rejets en grande quantité de la pêche : peaux de poissons dont l’odeur, la texture et la matérialité remplient l’espace de manière intoxicante. Le matériau est brut comme la nature qui l’accueille. Il compose une unité de forme et de matière tandis que chaque peau est attachée indépendamment, changeant de direction au gré du passage des visiteurs, de la brise environnante. Une structure faite de câbles tendus se déploie en trois dimensions. Contenir prend le parti de créer un espace selon un processus flexible et évolutif. Ce sont les qualités des matières premières et du site qui dirigent la forme finale et l’emplacement de l’œuvre. La concentration de 500 peaux en un morceau d’espace dense, revisite la définition apriori de ce qu’est un mur, un couloir ou une peau de poisson. L’œuvre pousse les limites de la perception, celle qui forge l’expérience et la connaissance, l’action et interaction avec le monde. Un matériau facilement manipulable, malléable, devient modalité d’intervention. Dès lors apparait le point de tension limite où une chose peut devenir autre, où la résistance de la matière et de l’intention se transmettent de l’un à l’autre et vice-versa. Un équilibre en rupture constante, la liaison de deux chaos : celui de la matière, et celui de l'homme, qui en fin de compte n'est que matière vivante, se battant contre sa propre désintégration. Contenir_Percé est une œuvre sur la matérialité, sur le fait que nous ne sommes que matière vivante en lutte pour la vie, contre la décomposition : la transformation, mutation, cristallisation du vivant dans sa disparition.